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Coureurs à pied : connaître la discipline avant tout !

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Accès abonnésIl faut toujours analyser la biomécanique spécifique au type de course pour prendre en charge un coureur de haut niveau. Il faut la rapprocher des adaptations que crée le sportif pour répondre à des contraintes particulières. En athlétisme par exemple, chaque discipline nécessite une gestuelle qui peut être parfois très différente d’une discipline à l’autre. Les contraintes sont donc variées. Jean-Michel Jarry, ostéopathe, nous présente trois exemples de prise en charge de coureurs avec des contraintes spécifiques sur le pied.

Par Jérémie Cogan, ostéopathe et titulaire d’une licence STAPS éducation et motricité, et Reza Redjem-Chibane

Article paru dans le #24 Course à pied : rien ne sert de courir, il faut traiter à point (Décembre 2014/Janvier/Février 2015)[groups_member group=”Abonné”]

Yohann Diniz, triple champion d’Europe et détenteur du record mondial

36 ans, 1,85 m, 66 kg
Discipline : 50 km marche

Le 50 km marche est une activité impressionnante sur le plan physiologique. Yohann Diniz pour parcourir 230 km en moyenne par semaine en phase de stage préparatoire. Imaginez l’impact du moindre blocage mécanique sur ses systèmes ostéo-articulaire et musculotendineux. De plus, la marche athlétique possède une gestuelle très spécifique puisque l’attaque du pied au sol se fait forcement jambe tendue et par le talon. Quand j’ai commencé à le suivre après les Jeux olympiques de Pékin en 2008, Yohann Diniz souffrait de périostites récurrentes bilatérales que l’on a pu soulager par un traitement à visée mécanique. Il s’agissait de redonner de la mobilité à la cheville, au médio-pied (les interlignes de Lisfranc et de Chopard notamment) et à tout l’avant-pied. Cette mobilité retrouvée sur un plan mécanique a permis de redonner de la souplesse aux tissus mous sus-jacents. Les tendons des muscles extenseurs du pied notamment qui travaillaient sur un plan articulaire sous-jacent trop peu mobile.

Avec le temps, Yohann Diniz a eu de moins en moins de blessures et l’intervention ostéopathique a pu être espacée dans le temps. Cette saison 2014 a été exceptionnelle pour lui et je ne l’ai pratiquement pas suivi. L’ostéopathie y est sans doute pour quelque chose, mais l’équilibre général de l’athlète est indéniablement ce qui doit être recherché avec ou sans traitement en ostéopathie. Pour ce qui est du rythme des séances préconisé, outre le fait de devoir souvent s’adapter à l’emploi du temps chargé des athlètes, je pense qu’il ne faut pas être trop interventionniste. Plus on cherche, plus on trouve des dysfonctions. Et il y aura toujours une structure à corriger. Ne laissons pas l’athlète devenir dépendant physiquement et psychologiquement de l’intervention ostéopathique. Une fois par mois me semble un bon compromis pour des athlètes de haut niveau.

Kévin Mayer, vice-champion d’Europe

22 ans, 1,86 m, 77 kg
Discipline : Décathlon

Les 10 disciplines qui composent le décathlon nécessitent des appuis spécifiques. Courir, sauter, lancer : l’adaptabilité requise est énorme. Parmi tous ces appuis contradictoires d’une discipline à l’autre, c’était son dernier appui en saut en hauteur qui posait problème à Kévin Mayer. La logique biomécanique de ce dernier appui était en contradiction avec les autres disciplines. Un travail ostéopathique pour redonner de la mobilité aux structures les plus en contrainte et rééquilibrer le membre inférieur a été nécessaire. Mais une collaboration avec le préparateur physique s’est également imposée pour mettre en place des exercices de renforcement afin de tonifier ce dernier appui.

Abdellatif Meftah, marathonien et détenteur du record français de semi-marathon

31 ans, 1,73 m, 59 kg
Discipline : Marathon

Pour un coureur de marathon, les appuis doivent être légers afin que la foulée puisse « rebondir ». Avec Abdelatif Mestah, nous étions dans la situation d’un athlète qui devrait s’arrêter au moins trois mois pour soigner sa lésion (une douleur sous la tête du troisième métatarse). Mais à 32 ans, autant faire faire une croix sur la saison en cours et retrouver ensuite difficilement sa place dans l’élite mondiale. Face à cette douleur chronique, une stratégie palliative a été mise en place. Dans cette discipline, le coureur s’entraîne en permanence sur un système de compensations importantes. Des séances de rééquilibrage en ostéopathie ont été proposées pour éliminer un maximum de compensations. Elles se sont accompagnées d’une collaboration étroite avec un podologue pour soulager ces appuis. Le travail du préparateur physique a contribué à renforcer la tonicité musculaire de cet appui déficient.

jarry

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