congrès ostéopathie paris

4 jours, 4 rendez-vous : Paris, capitale de l’ostéopathie !

Accès librePendant 4 jours, du 20 et 23 septembre, Paris est devenue la capitale mondiale de l’ostéopathie. Deux organisations internationales y ont tenu leur congrès : l’OIA (Osteopathic International Alliance) et OsEAN (Osteoapthic European Academic Network). Au coeur de ces rencontres : la formation, la recherche et l’évolution de la profession.

Au cours de ces quatre jours, il a donc été possible de faire mieux connaissance avec ces instances internationales. Mais deux syndicats français organisaient également une rencontre : le SNOS (syndicat national des ostéopathes du sport) et le SFDO (syndicat français des ostéopathes). Voici un rapide compte rendu de ces manifestations.

4-jours-4-rdv-paris-1L’OIA (Osteopathic International Alliance), tout d’abord. Sa mission est de faire progresser la philosophie et la pratique de l’ostéopathie dans le monde. Elle regroupe des associations engagées et ses principales actions consistent à défendre l’ostéopathie et représenter la profession. L’OIA contribue également à coordonner et diffuser la recherche basée sur l’EBM (evidence based medicine) pour renforcer la position et le rôle de la profession.

Son congrès annuel, organisé en partenariat avec le SNESO (syndicat national de l’enseignement supérieur de l’ostéopathie) et le SFDO (Syndicat français des ostéopathes), a réuni des conférenciers français, américains, anglais et néo-zélandais autour de trois thèmes majeurs : la formation, l’évaluation des pratiques et le système de soins intégrés.

« Trouver la santé devrait être l’objectif du docteur.

N’importe qui peut trouver la maladie »

Andrew Taylor Still

L’ostéopathie, altermondialiste de la santé par définition

congrès ostéopathie parisSur ce dernier thème, Wim Van Lerberghe, directeur du service Politiques des systèmes de santé de l’OMS (Organisation mondiale de la santé, World Health Organisation), a présenté une conférence sur la médecine centrée sur la personne et les soins de santé intégrés. L’OMS, créée en 1950, s’occupait initialement des maladies avec pour objectif l’élimination des agents pathogènes.  Cet objectif n’est plus adapté au monde actuel. Aujourd’hui, l’OMS conçoit la santé en réponse aux attentes individuelles des personnes. Il s’agit d’une véritable transition épidémiologique et démographique. Par ailleurs, constate Wim Van Lerberghe, « les barrières entre médecine traditionnelle et scientifique ont été réduites et les personnes passent facilement de l’une à l’autre ». Ainsi, les prochains travaux de l’OMS pour la période 2014-2023 porteront sur la régulation et la définition des limites des soins en se basant sur les faits et les réalités.

Conjuguer épidémiologie et santé individuelle : le défi de l’OMS

Quelle place pour l’ostéopathie dans cette stratégie de l’OMS ? Wim Van Lerberghe rappelle que « l’ostéopathie est centrée sur le patient. Mais c’est le cas de tous les acteurs du système de soin. En fait, chacun l’est à sa manière ». Une personne associée à un trouble (problème physiologique, organique, etc.) va définir la maladie. Mais pour une même maladie, chaque individu aura une réponse différente. C’est pourquoi, il ne faut pas se focaliser sur la maladie. Néanmoins, l’étude des populations prend en compte la maladie. Mais lorsque les analystes se placent à l’échelle de l’individu, ils considèrent la personne. Nous sommes face à un vrai paradigme.

congrès ostéopathie parisL’OIA apportera sa contribution aux travaux de l’OMS. Elle prépare déjà une importante étude sur les médecines complémentaires qui sera publiée en 2014 et elle souhaiterait, en collaboration avec l’OMS, publier une bibliographie complète sur l’ostéopathie.

Ce congrès annuel de l’OIA ne s’est pas tenu à Paris par hasard. En effet, l’OIA souhaiterait compter la France parmi ses membres à travers l’adhésion d’une coalition des associations et organisations d’ostéopathie françaises. C’est, pour Philippe Sterlingot, président du SFDO, « une grande opportunité pour l’ostéopathie française. Pour trois raisons. D’abord, l’OIA apporte un consensus. Ensuite, elle encourage la recherche et la formation. Enfin, elle fédère différents courants de l’ostéopathie ». Johannes Meyer, président de l’OIA, précise justement que « le principal but de l’OIA est de contribuer à une coexistence pacifique entre ostéopathes et médecins-ostéopathes. Et qu’un haut niveau de formation permet de trouver cet équilibre ». Bien évidemment, une loi encadrant la pratique permettrait d’atteindre cet objectif plus facilement.

Le SNOS organise les 2nd masters d'ostéopathie du sport
Décomposer le geste du sportif, analyser la physiopathologie, développer la prévention, proposer des traitements efficaces et rapides permettant au sportif de continuer à s’entraîner : l’ostéopathie du sport est une prise en charge concrète et pragmatique.

La deuxième master class du SNOS (syndicat national des ostéopathes du sport) a permis de mettre en avant le 22 septembre dernier cette pratique. Au programme : nutrition, golf et tennis. Les retours d’expérience proposés par les ostéopathes présents portaient sur différentes indications des sportifs de haut niveau. Ainsi, Julien Vignes, ostéopathe DO, a notamment fait un rapport complet de la prise en charge de la fracture de fatigue de la tête fémorale chez les joueurs de tennis. Entre rappels physiopathologiques et expertise ostéopathique, cette conférence a donné les clefs d’une prise en charge complète de cette indication. Une présentation complétée par celle de Sandrine Bouilleau, ostéopathe DO et également ancienne joueuse de tennis professionnelle. Elle a rappelé l’intérêt de l’ostéopathie en prévention et fait part de son expérience en tant que patiente. Elle s’est ensuite focalisée sur le complexe de l’épaule du joueur lors du service. Elle a décomposé la gestuelle pour chaque type de service et présenté les pathologies associées, les modalités d’une prévention efficace ainsi que des axes de traitement.

Une prise en charge complète du sportif

À noter également l’intervention de Patricia Plaisant, présidente-directrice générale du laboratoire Lereca, sur les compléments nutritionnels chez le sportif de haut niveau, de Bernard Lefaucheur, ostéopathe DO, qui a présenté la prise en charge de l’entorse de cheville par la méthode Fascial Distorsion Model (voir notre reportage Fascial distorsion model, à n’utiliser qu’en cas d’urgence paru dans L’ostéopathe magazine n° 4) et Serge Wherlé, ostéopathe DO, a fait une démonstration du speed test structurel du bassin et membre inférieur.

Pour tous les ostéopathes concernés par la prise en charge des sportifs, la prochaine master class du SNOS sera à ne manquer sous aucun prétexte. Ils pourront également se familiariser avec la prise en charge du sportif à travers notre enquête Ostéopathie du sport : un traitement top chrono parue dans L’ostéopathe magazine n°14.

Rencontres scientifiques du SFDO : deux lauréats

congrès ostéopathie parisLes rencontres scientifiques de l’ostéopathie, organisées par le SFDO (Syndicat français des ostéopathes), se sont déroulées à côté du congrès de l’OIA sous la forme d’un concours scientifique. Une vingtaine d’ostéopathes ont présenté les résultats de leur recherche, observations cliniques, synthèses de littérature, conduites à tenir, etc. Deux lauréats ont été désignés par un comité scientifique composé d’un épidémiologiste, de chercheurs et d’ostéopathes. Le premier, Julien Miellet, ostéopathe à Bagnères de Luchon (31), a été récompensé pour son projet de recherche sur l’impact de l’ostéopathie dans la prise en charge des sinusites chroniques chez des patients en cure thermale. Un suivi post-cure de six mois a été réalisé sur une cohorte de 320 patients et l’efficacité du traitement ostéopathique a été mesurée à l’aide du score de Dubreuil et d’un questionnaire de satisfaction. Les résultats suggèrent que l’ostéopathie apporte un gain d’efficacité de 36 % par rapport à la cure thermale seule.

La seconde lauréate, Nolwen Favier, ostéopathe à Bièvres (91), a été récompensée pour son projet de recherche consacré à l’usage de l’ostéopathie pour améliorer la qualité de vie des patients en chimiothérapie. Cette étude, conduite dans un service d’oncologie de l’hôpital du Val de Grâce à Paris, est un « essai croisé » sur deux traitements consécutifs de chimiothérapie. Le groupe A a reçu un traitement simulé (placébo) puis un traitement réel et inversement pour le groupe B. Chaque patient était donc son propre témoin. L’évaluation de plusieurs critères : nausées, douleurs, perturbation du sommeil, dyspnée, perte d’appétit et constipation montre une amélioration significative. Les seuls critères évalués qui n’ont pas révélé de différences significatives sont la diarrhée et la fatigue. Ce travail individuel constitue une des quatre parties d’une étude multicentrique. Les soins de support représentent une indication pour l’ostéopathie et apportent aux patients un avantage non négligeable pour lutter contre la maladie. Une opportunité à saisir pour les ostéopathes, notamment au regard des résultats des travaux de Lisa Hodge et de bien d’autres études.

OSEAN : développer les partenariats universitaires
OSEAN (Osteoapthic European Academic Network) est un groupe d’établissements de formation en ostéopathie qui revendiquent une formation validée par un master.

C’est pourquoi, chaque membre doit avoir un partenariat avec une université. Actuellement, OsEAN compte 13 partenariats universitaires à travers ses membres dont les objectifs communs sont de :

– Développer un modèle standard enseignement de l’ostéopathie en Europe,
– Assurer une représentation européenne commune des écoles à l’heure où se mettent en place les standards européens,
– Favoriser la collaboration et l’innovation entre membres d’OsEAN au niveau pédagogique, de la recherche, de l’administration, etc,
– Mettre en place et développer des axes de recherche communs,
– Obtenir une reconnaissance universitaire de l’ostéopathie dans tous les pays.

Teaching Research (enseigner la recherche) était le thème du forum OSEAN qui s’est tenu les 20 et 21 septembre à Sèvres (92). Nous avons choisi de vous faire partager l’intervention de Gary Fryer, ostéopathe DO, docteur et responsable du département d’ostéopathie à l’université Victoria de Melbourne (Australie), ainsi celle de Marjolaine Dey, responsable des mémoires au CEESO (Centre Européen d’Enseignement Supérieur de l’Ostéopathie).

À découvrir dans notre reportage Recherche et enseignement clinique en ostéopathie : une question d’équilibre.

Les études présentées lors des rencontres scientifiques du SFDO
– Ostéopathie et réhabilitation postopératoire des coiffes des rotateurs
– Ostéopathie et qualité de vie des patients sous chimiothérapie
– Influence de la synchondrose sphéno-occipitale sur les rapports intermaxillaires
– Prise en charge ostéopathique de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde
– Technique ostéopathique et variabilité du rythme cardiaque
– Ostéopathie et patients souffrants de fibromyalgie
– Ostéopathie et ré-entraînement physique des insuffisants respiratoires et cardiaques
– Ostéopathie, douleurs et troubles fonctionnels liés à l’intubation orotrachéale
– Ostéopathie et sinusites chroniques
– Prototype pour l’analyse cinétique lors de mouvements angulaires de la tête
– Technique de recoïl sternal et constantes cardiaques
– Observation statique posturale dans l’examen ostéopathique
– Évolution et adaptation du langage et de la terminologie ostéopathique
– Effet du serrage de dents sur la posture
– Bilan 2005-2012 du groupe de recherche MacMut
– État des connaissances sur la physiopathologie de l’arthrose
– Analyse socio-économique et épidémiologique descriptive des patients
– Étude de la discrimination palpatoire entre des ostéopathes et des nonostéopathes
– Ostéopathie et correction d’altérations posturales

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