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Le STarT Back Tool en consultation

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Accès abonnésNous vous proposons une série de fiche clinique consacrée à l’emploi de questionnaire lors de consultation en ostéopathie. Pour démarrer quoi de mieux que le STarT Back Tool. Petite mise au point sur celui-ci, sur son niveau de preuve avec mise en exemple lors de cas cliniques.

Ce questionnaire est un des questionnaires de base pour évaluer le risque de chronicisation d’une douleur de dos. Conformément aux dernières recommandations de l’HAS sur les lombalgies, il faut savoir détecter au plus tôt les patients possédant ce risque afin d’améliorer leur parcours de soin. Il est avant tout un outil de triage des patients.

 

L’outil en lui-même

 

Il se présente sous la forme suivante [1] :[groups_member group=”Abonné”]

 

Start Back tool

Il s’agit d’une série de 9 questions. Si le patient à un score total inférieur à 3, il semble peu à risque de chronicisation et donc le parcours de soin est classique. Si son score total est égal à 4 ou plus alors il faut réanalyser le score des questions 5 à 9, si ce sous score est inférieur à 3 alors le risque de chronicité est moyen. Le patient doit faire l’objet d’un suivi attentif pour ne pas risquer de laisser la douleur s’installer. Si ce sous-score est égale à 4 ou plus, alors il faut être extrêmement prudent. Il faut ne pas hésiter à associer d’autres outils pour estimer le poids de différents facteurs de chronicité et adapter au mieux le parcours de soin.

Pour que cela soit plus parlant prenons deux exemples simples

  • Mme X, la trentaine vient vous consulter pour une lombalgie. C’est son premier épisode, mais cela fait 15 jours que cela a commencé et ça ne passe pas vraiment malgré un arrêt du sport « par sécurité ». La douleur est mécanique et sans irradiation. Elle ne note pas non plus de signes urinaires ou digestifs. Elle a un score au STarT Back Tool (SBT) de 3/9. Elle a répondu d’accord avec la question 5,6 et 8. Elle ne semble pas à risque. Il faut néanmoins la rassurer sur la pratique de ses activités quotidienne et sur une reprise du sport. Une séance pourrait s’avérer amplement suffisante.
  • M X, 45 ans, vient vous consulter pour une lombalgie, il est déjà à son second épisode en moins d’un an, si le premier était de courte durée, celui en revanche est là depuis bientôt un mois, d’horaire mécanique, il irradie dans le membre inférieur G. Il a limité ses activités, la course, et il a un score total de 7/9. Son sous -score est de 5 et donc à haut risque. Certaines réponses indiquent des pensées catastrophisantes et une éventuelle kinésiophobie. Il faut donc miser sur un vrai travail de réassurance du patient en partenariat avec l’ensemble de l’équipe soignante, une prise en charge biopsychosociale tout en envisageant un suivi à date régulière.

 

Il semble que l’outil soit particulièrement efficace pour les deux catégories les plus à risque surtout s’il est rempli par les patients 2 jours après la séance. Il peut donc être intéressant de le reproposer dans les jours suivants au patient [2].

Les patients avec les plus hauts scores de douleur et de sévérité de la douleur se retrouvent plus facilement dans les groupes à risque moyen et à haut risque [3] et sont plus à même de reporter plus d’un facteur psychosocial.

Le STarT Back Tool semble plus à même de prédire l’aspect fonctionnel des résultats du traitement [4].

Une étude (STarT Back Trial) [5] s’est intéressée au fait d’employer le score pour adapter le soin en kinésithérapie. La première séance était dédiée au conseil et au bilan initial. Pour les patients à faible risque, le traitement se limitait à cette séance, en expliquait que d’autres séances n’étaient pas nécessaires et que la recherche de soin complémentaire serait contre-productive (ex : acupuncture, thérapie manuelle) tout en précisant qu’en cas d’aggravation, il fallait revoir le médecin traitant. Pour le groupe à risque moyen, ils proposaient environ 6 séances sur 3 mois, et employant en complément thérapie manuelle, exercices, acupuncture, conseils et éducation thérapeutique. Le but visé était l’incapacité fonctionnelle. Enfin, le groupe à risque élevé recevait 6 séance maximum de 45 minutes, avec la même approche que le groupe précédent pour l’aspect fonctionnel, complétée d’une approche pour agir sur les facteurs psychosociaux. Cette approche était comparée à une prise en charge en Maitland et McKenzie (Groupe contrôle). Il en ressort que l’utilisation du SBT est plus adapté à la gestion de ces groupes à risque moyen à élevé.

Il est possible d’en tirer des enseignements pour la pratique ostéopathique, notamment dans la manière d’accompagner les patients et sur la nécessité de proposer des suivis à des dates régulières.

 

Principales limites de l’outil :

Il semble qu’il soit limité par la durée initiale de l’épisode de douleur [6]. Il semble que l’outil soit plus limité pour prédire le risque de chronicité sur l’épisode initial est de courte de durée (moins de 2 semaines). Si certaines études indiquent une limitation importante du risque prédictif, il faut noter que le plus souvent l’étude est à court terme quand le risque évalué de chronicité porte sur le plus long terme. Cela pose donc des questions sur la méthodologie de l’étude qui vise uniquement les mauvais résultats de la prise en charge. Un patient douloureux chronique peut tout à fait ressentir une amélioration à court terme tout en multipliant les épisodes douloureux.

Il semble quand on le compare à d’autres outils que le SBT soit moins efficace que le Örebro Musculoskeletal Pain Screening Questionnaire par exemple pour évaluer la partie douleur et retour au travail [4]. La qualité de ces questionnaires sur la question de la prédiction des résultats reste néanmoins sujet à caution [7]. Sur la question de la validité interculturelle, tout porte à croire que la version française du SBT nécessite encore une évaluation plus complète de sa validité [8]. En l’absence d’outil plus sûr pour évaluer ce risque, ce questionnaire reste un des meilleurs compromis en pratique clinique.

 

Sources :

[1] Bruyère O et coll, Translation validation of a new back pain questionnaire (STarT Back Screening Tool) in French, Arch Public Health, 2012, 70(1): 12.

[2] Khan Y, The STarT Back tool in chiropractic practice: a narrative review, Chiropr Man Therap, 2017, 25: 11.

[3] Khan Y et coll, Measuring biopsychosocial risk for back pain disability in chiropractic patients using the STarT Back screening Tool: a cross-sectional survey, Chiropr Man Therap, 2019, 27: 2.

[4] Lhereux A, Berguin A, Comparison between the STarT Back Screening Tool and the Örebro Musculoskeletal Pain Screening Questionnaire: Which tool for what purpose? A semi-systematic review, Ann Phys Rehabil Med, 2018.

[5] Hill JC, et coll. Comparison of stratified primary care management for low back pain with current best practice (STarT Back): a randomised controlled trial. Lancet. 2011;378(9802):1560-71.

[6] Morso L et coll, The prognostic ability of the STarT Back Tool was affected by episode duration, Eur Spine J, 2016, 25(3): 926-944.

[7] Karran EL et coll, Can screening instruments accurately determine poor outcome risk in adults with recent onset low back pain? A systematic review and meta-analysis, 2017, 15(1) : 13.

[8] Al Zoubi FM, et coll, Evaluation of cross-cultural adaptation and measurement properties of STarT Back Screening Tool: a systematic review, J Manipulative Physiol Ther, 2017, 40(8): 558-572.

 

 

[/groups_member] [groups_non_member group=”Abonné”]

 

 

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