congrès AOP&P

Trois mois avant, trois mois après la naissance

AbonnésDe la prise en charge de l’IMG (interruption médicale de grossesse) à l’accueil d’un enfant, la périnatalité a été abordée lors du congrès organisé par l’AOP&P sous beaucoup d’angles différents par des ostéopathes, gynécologues-obstétricien, sage-femme, pédopsychiatres et orthophonistes.

Par Reza Redjem-Chibane

L’AOP&P (association ostéopathie périnatale et pédiatrique) a été fondée par Catherine Thévenot et Philippe Mahé, ostéopathes DO. La seconde édition de son congrès s’est déroulée à Bandol (83) le 4 mai 2013.
L’IMG au 3e trimestre est un sujet délicat qui ne s’aborde pas sans avoir au préalable présenté quelques éléments de réflexion, notamment ses indications médicales et sa prise en charge. Avec les analyses de Cécile Chau, gynécologueobstétricienne à l’hôpital Nord (Marseille), il a été possible de faire la part des choses entre bioéthique, valeurs et responsabilité vis-à-vis de l’enfant. Une présentation complétée par Denis Tramier, gynécologue-obstétricien, sur les statuts de l’embryon et du foetus. Statuts qui font actuellement débat autour de la recherche sur les cellules souches. Ces conférences ont été complétées par des présentations cliniques. Notamment par l’intervention La colique ou syndrome du bébé qui pleure par Giles Cleghorn, ostéopathe DO. Et le professeur Georges Boog, gynécologue-obstétricien à Nantes a proposé les méthodes alternatives de la version par manœuvres externes dans la présentation de siège. Nous avons également beaucoup apprécié la présentation de Fanja Randriamanjato, sage-femme, sur l’Haptonomie périnatale… Mais qu’est-ce donc ? Il s’agit d’un accompagnement périnatal de la triade père-mère-bébé dont l’objectif est de permettre la mise en place de ressources parentales nécessaires à l’arrivée du bébé. Son objectif est notamment d’améliorer la présence affective et corporelle des parents. Pour en éviter les manques… comme les excès.

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La colique, syndrome du bébé qui pleureHaptonomie périnatale : la triade père-mère-bébéDes conditions de prise en charge précises

Les conseils de Giles Cleghorn, ostéopathe DO

La colique est d’origine digestive et elle est due à un traumatisme subi par le foetus, à un choc latent. Elle rend le lien physique ou affectif entre la mère et l’enfant plus difficile à établir.

Les syndromes s’expriment par des frustrations liées à l’allaitement maternel, la faim, l’intolérance au lait maternel ou en poudre. Quelles sont les solutions ? Il faut d’abord vérifier si le bébé peut être allaité de manière égale à gauche et à droite. Ensuite, pour les jeunes mères submergées de conseils, privilégiez les suggestions simples qui marchent et restez dans le cadre de l’ostéopathie. Vous traiterez ces dernières pour les aider à retrouver leurs forces après l’accouchement. Concernant le traitement du bébé, examinez tout le corps en commençant par les pieds. Détachez- vous de l’idée de travailler absolument sur la tête.

Chez le nouveau-né, l’abdomen est aux trois quarts occupé par le foie. L’estomac et les intestins sont plats et la dilatation du tube digestif après la naissance peut provoquer un stress temporaire. C’est à partir de deux semaines que le développement bactérien dans le tube digestif devient suffisant pour provoquer des problèmes digestifs d’origine infectieuse. Ainsi, les bébés bien portants pendant deux semaines et qui se transforment ensuite en bébés criards, ont des risques d’avoir un excès de bactéries dans leur tube digestif. Alors que les bébés qui crient depuis la naissance sont traumatisés par la naissance. La vraie colique s’installe selon schéma suivant :

– elle débute après deux semaines,

– les pleurs apparaissent après la tétée,

– les nourrissons ramènent leur jambe vers leur poitrine,

– ils sont apaisés après un rot ou des flatulences,

– l’Infacol permet de réduire les douleurs liées à la colique,

– et ils sont plus à l’aise sur le ventre.

Les reflux acides présentent quant à eux les symptômes suivants :

– les cris sont perçants et les pleurs intenses,

– le bébé se sent mieux en position debout,

– les pleurs sont amplifiés en position couchée,

– l’Infacol n’est pas efficace, le Gaviscon oui,

– de manière générale, les tissus sont tendus au niveau de l’abdomen,

– la présentation du bébé est plutôt normale,

– et il est possible de tester le pH.

Dans cet accompagnement périnatal, le praticien ne traite pas les problèmes. Il aide à la mise en place de ressources parentales nécessaires à l’arrivée du bébé.

En haptonomie, « être dans l’affectif s’exprime par la capacité à être présent, à se laisser traverser par une émotion, un sentiment inexplicable, agréable ou désagréable. Se laisser aller à l’étonnement ou encore l’émerveillement est le début de l’ouverture qui mène à la circulation des informations, puis à la découverte » nous explique Fanja Randriamanjato, sage-femme.

Cette qualité de présence détermine ce qui est agréable, bon et sécurisant. Être entièrement là (dans un lieu, un temps) avec l’autre et ressentir le moment, permet de créer un espace pour vivre la rencontre. Faire appel à la présence de l’autre, l’inviter et lui faire sentir notre présence est un échange subtil qui procure un sentiment de sécurité intérieure.

Les bases corporelles de l’haptonomie

La présence précède l’action et l’intention précède le geste. Ce qui importe, c’est la réponse de l’autre à travers le langage de son tonus musculaire. Si le contact est bon, l’être humain se détend et peut s’ouvrir plus profondément. Dans l’insécurité, l’être se crispe, se rétracte, et finalement se retire en lui.

Au niveau corporel, la région périnéale encadrée par la coupe du bassin et d’où s’élève la colonne vertébrale est appelée « la base » en haptonomie. C’est le lieu du sentiment et du vécu affectif. Souplesse et fluidité dans la base procurent sécurité intérieure et confiance en soi. Pour apporter ce bien-être, l’haptonomie accompagne les parents trois mois avant la grossesse. Elle interroge les parents : où vous situez-vous dans le contact affectif ? Comment se passe la cohabitation mère/foetus ? La mère supporte-t-elle ou porte-t-elle son foetus ? Ces questions permettent d’envisager la place du futur enfant, à travers un soutien et un contact affectif à trois. Ce travail prénatal permet également de faire le point sur l’accouchement à venir : type d’accouchement, chemin du bébé, gestion de la douleur, etc.

Le travail haptonomique se poursuit trois mois après la naissance. L’objectif est alors d’améliorer l’accueil du bébé par le contact affectif. À travers les appels répétés du bébé à la présence, les parents confirment leur enfant dans son existence (mécanisme de construction associée au sentiment de sécurité intérieure : voir notre reportage Prématurité et douleur du nourrisson paru dans L’ostéopathe magazine n° 11). Grâce à ces invitations, le bébé se déploie, s’ouvre davantage, suit les propositions. Les parents, sensibilisés au langage subtil du tonus du bébé et à sa posture, peuvent faire de la prévention et être dans la prévenance.

Limiter le réflexe d’enfermement

Pour y parvenir, il faut limiter le réflexe d’enfermement dans la fusion mère-bébé (isolement maternel) et limiter l’asphyxie du bébé dans ses propres besoins. Dans les bras du père, la mère pourra voir son bébé autrement, dans l’expression de ses capacités propres.

Par ailleurs, redonner le sentiment de base à travers son corps, permet à la femme de vivre à nouveau sa base dans le confort et l’appui intérieur, de ressentir la circulation du mouvement dans le bassin, de se réapproprier ses sensations intérieures et sa féminité. Pour le bébé, cela permet de sentir que son bassin est sa base d’appui, qu’il peut se poser en dedans en étant conscient de son axe souple et détendu.

Être dans le lien à trois permet de faire équipe. Dans le soutien d’un être proche, on est plus fort face à l’épreuve de la vie ou le désenchantement du réel (souvent accentué par la fatigue) ou pour supporter la complexité de la médicalisation éventuelle.

L’haptonomie est essentiellement pratiquée par les sages-femmes, psychologues et gynécologues. Les principes de base sont les mêmes, quelle que soit la discipline pratiquée, et l’haptonomie pourra donc intéresser ostéopathes, kinésithérapeutes, puéricultrices, etc. La prise en charge est répartie sur 11 séances.

Elles débutent dès le 4e mois de grossesse, jamais après le 7e mois.

Elles ne sont jamais proposées à une femme seule, car ce n’est pas une préparation à la naissance, mais un accompagnement à la parentalité.

Les séances sont réparties ainsi :

– Les 4 premières séances portent sur l’initiation aux principes de base de l’haptonomie.

– Les 3 suivantes (au cours du troisième trimestre de grossesse) portent sur l’aspect dynamique de la grossesse et comment être dans la base, lieu de la sécurité.

– Les 4 dernières séances ont lieu après la naissance jusqu’à la marche de l’enfant (entre le 9e et le 12e mois du bébé).

Les conférences
L’interruption médicale de grossesse au troisième trimestre – Cécile Chau, gynécologue-obstétricienne à l’hôpital Nord (Marseille)

L’ostéopathie peut-elle être une passerelle entre grossesse et nouveau-né ?  – Bruno Ducoux, ostéopathe DO

Méthodes alternatives de la version par manœuvres externes dans la présentation de siège – Professeur Georges Boog, gynécologue-obstétricien à Nantes

CONFERENCE A L’HONNEUR – Haptonomie périnatale : la triade père-mère-bébé, base de la sécurité ou sécurité de base ? – Fanja Randriamanjato, sage-femme

De l’embryon au fœtus et du fœtus – Denis Tramier, gynécologue-obstétricien

Traitement ostéopathique du RGO du nouveau-né et du nourrisson – Gilles Cleghotn, ostéopathe (Royaume-Uni)

Protocole de simulation orale précoce en néonatalogie – Hélène Garson, ortophoniste au CAMPS de l’hôpital Nord (Marseille)

Place de l’ostéopathie et ses différences fonctions en néonatalogie – Michèle Barrot, ostéopathe DO

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