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Symposium d’ostéopathie de Lausanne : technique, clinique et … réflexif !

Par Reza R-C

Publié dans L’Ostéopathe Magazine #21

dossier-osteomagAbonnésPelvienne et scapulaire, des ceintures complémentaires : le thème du symposium romand d’ostéopathie et de physiothérapie abordait la complémentarité à bien des titres…

  D’abord par l’organisation conjointe de la 20e édition du symposium romand de physiothérapie et de la 8e édition symposium romand d’ostéopathie les 22 et 23 derniers à Lausanne (Suisse). Les participants avaient l’opportunité d’accéder librement à toutes les conférences d’ostéopathie et de physiothérapie. Ensuite à travers les thèmes des conférences abordées. À la fois techniques, cliniques et réflexifs. Ainsi, Thierry Liévois, ostéopathe (France),

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a présenté son approche clinique des manipulations par correction spontanée appliquées aux dysfonctions du sacrum. Après avoir rappelé qu’il fallait s’assurer de l’absence de contre-indications, il a détaillé les éléments du diagnostic d’une dysfonction du sacrum en testant sa position ainsi que la densité et la mobilité des articulations sacro-iliaques. Mais il a insisté sur les conditions de reproductibilité ces techniques de corrections spontanées à travers six invariants : l’utilisation de la gravité, la position et le transfert de poids du praticien, la mise en tension, la compression, la cinétique et la gestuelle manuelle.

 Des techniques reproductibles et une approche paramétrée

Pascal Pommerol, ostéopathe (France), a quant à lui abordé la prise en charge du syndrome douloureux non spécifique du bras (non specific arm pain), tableau clinique d’une douleur du bras dans lequel le patient se plaint de troubles sensitifs. Ce tableau clinique se retrouve dans trois contextes majeurs : surutilisation (overuse syndrome), syndrome post-wisplash et double ou multiple accrochage.

[aesop_quote type=”pull” background=”#ffffff” text=”#000000″ width=”35%” height=”35%” align=”left” size=”1″ quote=”La position assise (et donc la sédentarité) ainsi que la forme de la colonne vertébrale (qui dépend de l’incidence pelvienne) sont des facteurs influençant la dynamique scapulaire” parallax=”on” direction=”left”]

L’origine de cette pathologie semble être l’inflammation du tissu conjonctif neural le plus souvent suite à un traumatisme. Au cours du diagnostic, l’ostéopathe devra rechercher et faire l’inventaire des accrochages nerveux au niveau des cervicales et du bras. Le traitement manuel reposera sur des manipulations articulaires, musculaires et fasciales et des mobilisations neuroméningées. David Dessauge, ostéopathe (France) nous a ensuite proposé une approche paramétrée des pathologies de la ceinture scapulaire. La position assise (et donc la sédentarité) ainsi que la forme de la colonne vertébrale (qui dépend de l’incidence pelvienne) sont des facteurs influençant la dynamique scapulaire et, par conséquent, la dynamique gléno-humérale. Le morphotype vertébral, la qualité de l’information nerveuse et la synergie neuromusculaire, ou encore la souplesse des tissus articulaires et périarticulaires sont autant de paramètres à considérer pour la compréhension des phénomènes pathogéniques à l’origine des affections de la ceinture scapulaire. Par ailleurs, les notions de douleur, de raideur active ou d’inflammation sont autant de paramètres à prendre en compte dans la prise en charge de ces mêmes affections. Identifier tous ces paramètres permet de choisir le protocole le plus adapté dans un réseau de santé pluridisciplinaire.

Eclairages en images

 Pour y voir plus clair, les organisateurs ont donné la parole à Francesco Giammarile, médecin-radiologue (Italie), qui a d’abord rappelé les principes des différentes techniques d’imagerie médicale (rayons X, scanner, IRM). Il a ensuite présenté différents cas cliniques pour nous rappeler de rester vigilants face à l’imagerie médicale de l’appareil locomoteur et abdominal et ainsi éviter certaines erreurs de diagnostic.

[aesop_quote type=”pull” background=”#ffffff” text=”#000000″ width=”35%” height=”35%” align=”right” size=”1″ quote=”il a interpellé l’auditoire sur le nombre significatif d’examens radiologiques qui augmente inutilement l’exposition du patient aux rayonnements ionisants” parallax=”on” direction=”right”]

Si certains examens, dont les résultats (positifs ou négatifs) modifient la prise en charge du patient ou confortent le diagnostic, il a interpellé l’auditoire sur le nombre significatif d’examens radiologiques qui augmente inutilement l’exposition du patient aux rayonnements ionisants. Pour différentes raisons : répétition d’examens déjà effectués, examen dont les résultats ne sont pas susceptibles de modifier la prise en charge du patient, examens prématurés ou inadéquats, informations cliniques inappropriées et mauvaise formulation des questions censées être résolues par l’imagerie et enfin, examens redondants. Ces recommandations doivent être comprises comme de bonnes pratiques qui considèrent les besoins du patient en premier lieu. Il faut donc aborder toutes ces questions avec un radiologue. Un éclairage prolongé par la projection d’un film de Jean-Claude Guimberteau, chirurgien (France), sur l’architecture intérieure du corps humain. Réalisé à partir de séquences prises lors d’interventions chirurgicales avec un endoscope, ce film révèle la continuité tissulaire et décrit une architecture interne faite de myriades de fibrilles de collagène organisée de façon irrégulière et fractale. Une enquête a été publiée sur les films et travaux de Jean- Claude Guimberteau dans L’ostéopathe magazine numéro 11 : La continuité tissulaire, une évidence observable.

Des fascias contractiles

 Un tremplin idéal pour Alan Le Coniat ostéopathe (France) qui nous a présenté l’influence des fascias thoracoabdominaux sur les dysfonctions de la ceinture scapulaire. Il a présenté les différents fascias concernés (fascia endothoracique, médiastin, fascia thoraco-lombaire et fascia rénal) et leurs influences sur les structures avoisinantes comme le rachis et les ceintures scapulaires et pelviennes.

[aesop_quote type=”pull” background=”#ffffff” text=”#000000″ width=”35%” height=”35%” align=”left” size=”1″ quote=” Toutes nos techniques visent à harmoniser les tensions entre les différentes structures.” parallax=”on” direction=”left”]

Depuis la publication d’un article en 2005 de Robert Schleip et al., il est possible d’attribuer aux fascias la capacité de se contracter sous l’influence du système nerveux autonome et/ou d’une stimulation mécanique. Ils peuvent donc avoir une influence sur la mécanique musculosquelettique (voir notre enquête Fascia : la révolution est en marche – L’ostéopathe magazine n°16). Extrapolée aux fascias viscéraux comme le fascia endothoracique et le fascia transversalis, cette découverte permet de comprendre leur influence sur les structures avoisinantes comme le rachis et les ceintures scapulaires et pelviennes. La contractilité réversible du fascia en fait un organe non plus transmetteur de tension, mais probable acteur et générateur de dysfonction. « Toutes nos techniques visent à harmoniser les tensions entre les différentes structures. Le fait de connaître cette propriété des fascias ne va pas changer la technique, mais l’intention que le praticien y portera », précise Alan Le Coniat. Paul Klein, chercheur en biomécanique et ostéopathe (Belgique), s’est interrogé sur la mobilité de la colonne vertébrale par rapport aux lois de Fryette. À partir de ses travaux de recherche sur la cinématique lombaire lors de mouvements simples et lors de la marche normale, il montre que le sens de l’association de mouvement entre latéroflexion et rotation axiale n’est absolument pas prévisible, et ce à différents niveaux. Divers modèles théoriques permettent de mieux cerner cette variabilité à partir desquels une application clinique intéressante peut être mise en oeuvre lors de l’utilisation d’une technique HVBA au niveau lombaire de type « rouleau lombaire ». Une enquête complète enquête : Fryette, hors la loi ? – L’ostéopathe magazine numéro 19, présente cette approche au niveau de la colonne cervicale.

Les tests ostéopathiques sont-ils fiables ?

 Et pour conclure ces conférences aux thèmes et approches variés, Paul Vaucher, , docteur en neurosciences et ostéopathe (Suisse), est revenu sur une évidence : la validité des tests cliniques en ostéopathie. Par l’analyse du raisonnement clinique, et à travers un exemple précis, il nous montre pourquoi les ostéopathes doivent s’interroger sur la pertinence d’un outil clé du diagnostic : le test. Pourquoi les tests cliniques utilisés en ostéopathie sont-ils une vision binaire incompatible avec la rationalité scientifique ? Il utilise l’exemple des tests sacro-iliaques dans le traitement ostéopathique. Les questionnements de Paul Vaucher doivent être associés à un héritage ostéopathique qui consiste à remettre en cause des systèmes inadaptés à la réalité. Dans les pages de L’ostéopathe magazine, nous avons illustré cette philosophie avec les travaux de Gary Fryer sur la dysfonction somatique, ceux de Philip Moulaert sur les tests neuroméningés, et de bien d’autres encore. Cette intervention passionnante sera développée dans un prochain reportage à suivre. Toutes ces conférences ont permis d’élargir notre champ de vision de la prise en charge globale ostéopathique. Et surtout, de constater que ces visions sont partagées par d’autres professionnels, à commencer par les physiothérapeutes. La pluridisciplinarité pour les patients commence d’abord par la rencontre et les échanges entre les professionnels concernés.

N’oubliez pas la ceinture abdominale !

En rappelant le thème de ces rencontres, à savoir les ceintures scapulaires et pelviennes, Bernadette de Gasquet, médecin et professeure de yoga, a rappelé qu’entre les deux, se situait la large et complexe ceinture abdominale. Ces trois ceintures interdépendantes sont en lien avec la posture de l’homme.

Du fait de l’acquisition de la bipédie, la gravité s’exercer chez l’homme du haut vers le bas. Dès que la musculature anti gravitaire, tonique par essence, fait défaut, elle rapproche ceinture scapulaire et pelvienne. Particulièrement en position assise, position de repos. Si chez les quadrupèdes, les ceintures scapulaires et pelviennes restent à la même distance l’une de l’autre, l’homme adulte a une fâcheuse tendance à les rapprocher. Ce qui augmente les courbures dites « naturelles », mais qui deviennent rapidement pathologiques. Ces postures conduisent à détendre les muscles toniques pour privilégier la mobilité par des muscles à grand bras de levier, plus superficiels. Des chaines musculaires qui résistent De plus, les tentatives de redressement, de grandissement, se heurtent à la résistance des chaines musculaires. Entre le talon et le sommet de la tête, « l’élastique » est trop court. Si on veut toucher ses pieds, le dos s’arrondit. Si on veut allonger le dos, la nuque compense. Etc. Ainsi, les courbures du rachis et la mobilité des deux charnières (lombaire et cervicale) remplacent la mobilité autour des fémurs et la flexion-extension de l’aine. Au niveau de la chaine antérieure, les psoas maintiennent l’aine en flexion et les abdominaux grands droits rapprochent le sternum du pubis. La limitation d’extension au niveau de l’aine et le raccourcissement des droits et des grands obliques entraîne une hyperlordose lors des tentatives d’extension. On passe du rapprochement des ceintures vers l’avant au rapprochement vers l’arrière. Avec toujours une poussée abdominale et une hyper compensation au niveau des charnières lombaires et cervicales. Avec le vieillissement, les muscles toniques se détendent, les muscles du dos se raccourcissent, etc. Lorsque l’on veut se redresser, on a alors mal partout. Le faux confort induit de fausses douleurs. Il y a alors confusion chez le public qui confond flexion du rachis et flexion de l’aine. Seules les populations qui vivent assises par terre (en tailleur, jambes allongées devant ou sur les talons) ont un dos rectiligne en position assise. Repenser le renforcement musculaire Bernadette de Gasquet a également présenté l’importance de maintenir les ceintures écartées pour le fonctionnement viscéral. La ceinture abdominale notamment qui, plus élastique, permet les variations de volume et de pression en fonction du remplissage viscéral. Elle a conclu sur les erreurs réalisées lors des exercices de renforcement musculaire. Notamment les séries de « crunch » qui rapprochent les épaules du bassin et obligent ainsi la masse viscérale à pousser vers l’avant et le bas. Les « gainages » sont quant à eux souvent un blocage respiratoire et abdominal avec rétroversion du bassin par les grands droits. Mais ce renforcement peut bien se dérouler à condition d’adopter les positions correctes.

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