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Stimulation du nerf vague d’un patient en état végétatif : que peut-on en penser ?

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Accès abonnés« Après 15 ans passés en état végétatif un patient récupère les signes d’une conscience minimale grâce à la stimulation de son nerf vague » annonçaient la semaine dernière des chercheurs lyonnais.

Les travaux ont été conduits dans le cadre d’une collaboration avec l’Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (CNRS / Université Claude Bernard Lyon1) et publiés dans la revue Current Biology par Martina Corazzol et collaborateurs sous le titre « Restoring consciousness with vagus nerve stimulation ». Les troubles de la conscience et les facteurs qui permettent d’en sortir, restent très mystérieux. Et « il est classique de considérer qu’un état végétatif qui dure plus de 12 mois est irréversible ».[groups_member group=”Abonné”]

Pour mener leur essai, les chercheurs se sont appuyés sur les premiers essais chez l’animal puis chez l’homme qui ont montré que le nerf vague pouvait activer certaines structures impliquées dans l’éveil [3,4]. L’idée était de savoir si la stimulation du nerf vague, utilisée en pratique courante dans le traitement de l’épilepsie, améliorait la vigilance voire le niveau de conscience chez des patients ayant un trouble de conscience chronique. Après avis favorable du comité de protection des personnes et de l’ANSM, l’équipe a choisi de tester son hypothèse sur un patient qu’elle connaissait depuis de nombreuses années et dont l’état végétatif (défini selon les critères internationaux) était considéré comme parfaitement stable.

Meilleur éveil avec des signes témoignant d’un état conscient

En pratique, un implant thoracique a envoyé des impulsions électriques dans le nerf vague – selon le protocole utilisé dans le traitement de l’épilepsie – qui relie le cerveau à d’autres organes majeurs du corps. Après un mois de stimulation nerveuse, le patient a montré des améliorations significatives dans l’attention, le mouvement et l’activité cérébrale – bien qu’inconstantes, ces manifestations n’étaient pas apparues avant la stimulation (ou n’avaient pas été décelées).

La stimulation et l’enregistrement conjoint de l’activité cérébrale avec des marqueurs neurophysiologiques (voir encadré) ont pu « amplifier les capacités relationnelles du patient et l’aider à s’éveiller » rapporte le communiqué. « Le principal résultat est la détection d’un meilleur éveil avec des signes témoignant d’un état conscient comme le suivi du regard, des mouvements de la tête et même un sourire en réponse à des consignes » résume Jacques Luauté, l’un des investigateurs de l’étude et chef du service de médecine physique et de réadaptation du CHU de Lyon.

Modifications neurophysiologiques

La stimulation du nerf vague s’est traduite par une augmentation de l’onde thêta à l’électroencéphalogramme (EEG) – importante pour faire la distinction entre un état végétatif et un état de conscience minimal – dans les zones du cerveau impliquées dans le mouvement, la sensation et l’éveil. Elle augmente aussi la connectivité. Enfin, les résultats du PET scan a montré une augmentation de l’activité métabolique dans les régions corticales et sous-corticales.

Pour autant, ces résultats doivent aussi être accueillis avec prudence : il ne s’agit que d’un seul patient, il n’y a pas de situation contrôle, les effets restent modestes en terme de modification comportementale et les questions d’ordre éthique ne manquent pas.

Troubles sévères de la conscience : recherches en cours

Au total, 4 patients devraient être inclus dans l’étude pilote de l’équipe lyonnaise dont l’objectif est d’évaluer le bénéfice de la stimulation du nerf vague sur le niveau de conscience, les patients les plus à même de bénéficier de cette technique et le moment de leur évolution le plus adapté. Il faudra également déterminer la tolérance et les risques éventuels, et rechercher la place de cette intervention. D’autres approches existent déjà pour les patients en état végétatif ou en conscience minimale : des approches médicamenteuses avec l’amantadine ou le stilnox (zolpidem), des approches non médicamenteuses comme les stimulations sensorielles, la musique et aussi la stimulation cérébrale non invasive voire la stimulation cérébrale profonde qui fait l’objet d’un travail en cours à Clermont-Ferrand dirigé par le Pr Jean-Jacques Lemaire.

Source : Medscape  – (6/10/2017)
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