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Sommaire #38

38-OsteoMag_couvAccès libre Au sommaire du numéro #38

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ACTUALITÉS


INF’OSTEO

38-OsteoMag_JDOP

Journées ostéopathiques de Paris 2018
DOULEURS PLURIFACTORIELLES : l’ostéopathie se renouvelle

Organisées par l’école d’ostéopathie CEESO Paris, les Journées Ostéopathiques de Paris (JODP) se sont déroulées à Paris les 15 & 16 juin 2018. Pour cette 1re édition, les organisateurs avaient choisi d’aborder le thème de la douleur chronique, considérée comme un problème de santé publique.

 

38-OsteoMag_Agathe-WagnerAgathe Wagner, responsable du département Recherche du CEESO Paris et présidente du comité d’organisation des JODP

« Nos connaissances de la douleur sont de plus en plus grandes. On connaît de plus en plus de choses notamment que la nociception n’est qu’un élément parmi d’autres pour aboutir à la sensation de douleur. Pour déterminer une douleur comme étant faible ou élevée, le cerveau analyse et interprète les stimuli qu’il reçoit en fonction de notre vécu, de nos croyances, de nos attentes vis-à-vis de la douleur et du contexte notamment émotionnel. Ainsi, la douleur ressentie n’est pas proportionnelle à la nociception ressentie et les facteurs psychosociaux interviennent beaucoup dans la douleur ».

 

38-OsteoMag_Radhouane DallelRadhouane Dallel, professeur et directeur de l’unité de recherche Neuro-dol (INSERM/UCA U1107) et coordinateur du réseau INSERM de recherche sur la douleur.

Le chercheur nous rappelle qu’il existe trois types de douleurs chroniques : inflammatoires, neuropathiques et sans lésions organiques. Et qu’elles s’expriment à travers quatre grands symptômes : douleurs spontanées, douleurs provoquées, sensations anormales et déficits sensoriels. Il est important d’identifier ces différents symptômes qui peuvent être isolés ou multiples. Un patient douloureux c’est plusieurs types de douleurs. Il faut déterminer si ces symptômes sont reliés ou indépendants pour mettre en place plusieurs traitements et une thérapeutique multimodale.

 

38-OsteoMag_Laurent Favre
Laurent Favre, ostéopathe spécialisé dans la prise en charge des douleurs aiguës et chroniques du système nerveux périphérique

« Les effets non spécifiques du traitement sont plus importants que ses effets spécifiques »

« D’autres facteurs doivent être pris en compte pour créer une véritable alliance thérapeutique avec le patient et sortir du codage prédictif de la douleur »

38-OsteoMag_Benjamin AymardBenjamin Aymard, médecin généraliste formé à l’hypnose thérapeutique et aux thérapies brèves

« C’est la relation qui guérit, pas la technique. C’est vrai aussi pour l’ostéopathie »

38-OsteoMag_Véronique BertramVéronique Bertram, docteure en pharmacie et titulaire du DU en gérontologie

« Certaines personnes âgées ne disent pas avoir mal. Elles ne souffrent pas comme les jeunes et contrairement à ce que l’on pense, la perception de la douleur ne diminue pas avec l’âge »

« Il ne faut donc pas minorer la douleur des personnes âgées car ces dernières le font d’elles-mêmes pensant que ce n’est pas important. L’absence de plainte n’est pas synonyme de l’absence de douleur. Mais la douleur chez la personne âgée ne doit pas être une fatalité. Car si l’on ne traite pas cette douleur, la perte d’autonomie entraînera isolement, troubles du comportement, prostration et agitation aboutissant à la dépendance »

ZOOM
PRISE EN CHARGE BIOPSYCHOSOCIALE DES LOMBALGIES
Comment appliquer ce modèle à l’ostéopathie ?

38-OsteoMag_Jerry Draper-Rodi

Jerry Draper-Rodi, ostéoapthe DO et auteur d’une thèse sur la prise en charge biopsychosociale des lombalgies, évoque, au-delà de la symptomatologie clinique, les conséquences sociales de ces douleurs chroniques. Lors de sa prise de parole pendant les journées ostéopathiques de Paris, il a décrit l’engrenage de la douleur chronique et a posé la question suivante : « jusqu’à quand peut-on éthiquement proposer un même traitement à un patient qui n’est pas répondant à ce traitement ? »

« Vouloir éliminer la douleur n’est pas pertinent,car ce patient pourra présenter une douleur toute sa vie. Il faut intégrer de nouvelles options thérapeutiques en plus du traitement ostéopathique manuel. Engager une communication avec le patient basée sur ses capacités. Lui offrir des outils pour retrouver sa liberté »


INF’OSTEO

38-OsteoMag_autisme

Salon international de l’autisme 2018
L’ostéopathie montre l’exemple

Les 6 et 7 avril 2018, l’association R.I.AU (Rencontres Internationales de l’AUtisme) organisait à Chessy Marne La Vallée (77) la 3e édition du salon international de l’autisme. L’ostéopathie était représentée par Louise Antunes, ostéopathe DO, et le docteur Djea Saravane nous a fait partager ses analyses pertinentes sur l’autisme et sa détermination à améliorer la prise en charge des personnes TSA (Troubles du Spectre Autistique)..

38-OsteoMag_djea-saravaneDjea Saravane, le médecin qui apprend des patients

La prise en charge de la douleur chez la personne TSA (Troubles du Spectre Autistique)est souvent très insuffisante. Face à des personnes discommuniantes, des préjugés assimilent encore les facteurs de comorbidités aux troubles du spectre autistique. Pourtant, il est possible d’entendre cette douleur et de l’évaluer. En revenant aux bases de la médecine et sans jamais oublier que la personne autiste est une personne.

« Ce qui n’est pas dit avec des mots, sera dit avec des maux »


INF’OSTEO

38-OsteoMag_symposium-osteopathie

35e symposium d’ostéopathie de Montréal
Make osteopathy great again !

Montréal – vendredi 1er juin 2018, douze conférenciers animaient la journée de conférence du 35e symposium d’ostéopathie organisé par le CEO (Collège d’Études Ostéopathiques). Que retenir de cette journée ?

Comme à l’accoutumée, les organisateurs aiment revisiter le passé de l’ostéopathie. Cette année, le concept et l’histoire ostéopathique ont été traités par les Américains Jason Haxton, directeur du musée de Kirksville, et Reuben P.Bell PhD. Ce dernier a évoqué l’ostéopathie et la spiritualité. Dans la foulée, Philippe Druelle, directeur du CEO de Montréal, a proposé une présentation de son concept Breath of life, souffle de vie, qui permet une meilleure expression de la vie dans les tissus. Des techniques manipulatoires ont été décrites par Karen M.Steel. Notamment, la technique du relâchement facettaire assis telle que la pratiquait Richard H.Still, petit fils d’Andrew Taylor Still.

« La technique du relâchement facettaire assis, telle que la pratiquait Richard H.Still, petit fils d’A. T. Still se pratique comme une danse avec le patient dans laquelle le praticien est le meneur, à la recherche de la plus grande restriction de mobilité facettaire vertébrale. Une fois cette tension accumulée, l’ostéopathe encourage son patient à tousser ou rire, afin que les vibrations induisent la correction et le relâchement »

DOSSIER SPÉCIAL


38-OsteoMag_OSTEOPATHIE-nutrutionOSTÉOPATHIE ET NUTRITION : Comprendre le métabolisme digestif pour adapter la nutrition

La profession de foie de l ’ostéopathe

Jean-Pierre Marguaritte*, ostéopathe DO, propose une prise en charge ostéopathique qui accorde une place primordiale au métabolisme et au système vasculaire. Il nous explique quelles sont les différences par rapport à une prise en charge classique.

Jean-Pierre Marguarite part du constat qu’en l’état, les formations ostéopathiques limitées aux liens entre le structurel et l’organique sont insuffisantes pour répondre avec efficacité aux pathologies chroniques. Pourquoi une douleur survient-elle au lever sans effort conséquent préalable ou de façon soudaine lors d’un geste usuel ? Pourquoi la douleur sciatique se manifestet- elle d’un côté plutôt que de l’autre ? Pourquoi l’endométriose se développe-t-elle le plus souvent du côté du sigmoïde ? Etc.

Autant de questions qui ont amené l’ostéopathe à s’interroger sur l’origine du trouble fonctionnel, à observer la prédominance du système vasculaire par rapport au système nerveux, à constater l’omniprésence de l’insuffisance hépatique dans les pathologies chroniques et inflammatoires et à élaborer une méthodologie de soins basée sur la fameuse loi de l’artère.

« La sphère abdominale est la partie du corps la moins fournie en masses musculaires. Sachant que 80 % des artères traversent les muscles, que les muscles sont de véritables pompes vasculaires, le ventre est anatomiquement plus propice aux compressions vasculaires »

38-OsteoMag_Nutrition-stressQuelle est l’influence du stress sur le maintien de l’équilibre acido-basique du corps ?

Peut-on définir le stress autrement qu’une difficulté d’adaptation à une situation émotionnelle ? Une difficulté dépendant, sur le plan physiologique, à la fois de la diminution du seuil d’excitabilité du système nerveux central et de la malabsorption des neuromédiateurs.

38-OsteoMag_methodoÉlaborer une méthodologie de soins

Comment intégrer toutes ces informations dans un traitement ostéopathique ? Jean-Pierre Marguaritte nous propose une méthodologie de soins en 10 étapes

« Ces relations entre la structure, l’organique et le métabolisme révèlent l’approche globale de l’ostéopathie. Elles permettent de mieux comprendre l’origine des troubles fonctionnels et d’obtenir des résultats durables sur les troubles musculosquelettiques »

 

MÉTIER


Interview

38-OsteoMag_Nathalie-CamirandNathalie Camirand,

Ostéopathe depuis 25 ans au Canada, Nathalie Camirand a développé une expertise en uro-gynécologie avant de s’ intéresser plus largement aux dysfonctions endocriniennes et à l’axe cerveau intestin en regard des problèmes d’humeurs et d’ inflammation. Auteure de Dysfonction glandulaires et nerveuses, diagnostics et traitements ostéopathiques publié aux éditions Maloine en 2009, Nathalie Camirand travaille sur de nouveaux ouvrages portant sur l’axe cerveau-intestin-pelvis. Elle anime des formations post-grades et dirige le diplôme universitaire de spécialité ostéopathique en gynécologie et obstétrique à l’université Pompeu Fabra en Espagne.

Vous parlez souvent d’approche ostéopathique intégrative. Pouvez-vous définir ce concept ?
Pour optimiser nos résultats auprès d’une patientèle qui souffre de problèmes neuroendocrino-immunologiques ou de dysfonctions à caractère chronique, nous devons adapter nos traitements en fonction des différents agents
stresseurs et pas uniquement de la dysfonction ostéopathique. Il s’agit de prendre le patient dans sa globalité en tenant compte de son mode de vie. Ces agents stresseurs sont souvent dits « cachés », car ils ne sont ni physiques
ni émotionnels. Nous devons développer des outils pour les détecter d’un point de vue ostéopathique. Il peut s’agir par exemple de problèmes du microbiote, de parasites, d’intolérances alimentaires ou de porosité intestinale.

Comment diagnostiquer en cabinet ces stresseurs cachés ?

« L’axe cerveauintestin-pelvis est un axed’information totalement indépendant de la voie cérébro-spinale et qui voyage de l’encéphale jusqu’au pelvis. Dans la littérature on parle beaucoup de l’axe cerveau intestin mais on a oublié que le cerveau pelvien a aussi une fonction tout à fait autonome »

 

38-OsteoMag_Gynécologie

Alimentation & pathologies gynécologiques

Comment illustrer l’influence de l’alimentation sur certaines pathologies gynécologiques ? Les réponses de Nathalie Camirand et l’occasion également de faire le point sur les informations nutritionnelles à partager avec les patients.

La plupart des pathologies gynécologiques sont dues à un surplus d’oestrogène et à un déficit en progestérone. Lorsqu’une patiente souffre de ces affections, il faut alors recourir à une alimentation dépourvue d’oestrogène mimétique et favoriser une alimentation qui aidera à métaboliser les oestrogènes comme des légumes de la famille des choux. Certaines pathologies comme l’endométriose révèlent une composante immunitaire. En effet, une majorité de femmes présente des phénomènes de menstruations rétrogrades et pourtant toutes ne développent pas une endométriose.
Les femmes qui arrêtent d’absorber des allergènes alimentaires et se font traiter en ostéopathie au niveau gynécologique diminueront les phénomènes d’adhérences : le système immunitaire n’étant plus occupé à lutter contre des allergènes, il pourra phagocyter l’endomètre pathologique et les adhérences également traités en ostéopathie.

« L’alimentation est une des premières choses que tout ostéopathe devrait aborder s’il veut diminuer l’inflammation et la capacité de récupération en optimisant le système immunitaire de son patient. Moins le système immunitaire est sollicité par ce que l’on mange, plus il sera effectif pour nous aider à nous régénérer et à lutter contre les autres agressions. Il est donc important pour les ostéopathes de s’intéresser à l’alimentation de leurs patients s’ils veulent éviter de les revoir sans arrêt pour des problématiques chroniques »

METIER


REPORTAGE

38-OsteoMag_FASCIAIl y a quelque temps, un article* a fait le buzz da ns les média s spécialisés et généralistes. Certains journaux y voient l’apparition d’un 80e organe, d’autres
la découverte d’un « airbag tissulaire ». Décryptages.

Cependant, à la lecture de l’article, on s’aperçoit que les nouvelles données à l’origine de tout ce bruit médiatique sont bien maigres. Et ce fameux « 80e organe » n’est en fait que la création d’un journaliste qui a cru bon de qualifier cette « découverte » de nouvel organe. Cette recherche prend appui sur un instrument d’endoscopie récent, permettant d’observer in situ et in vivo les cellules jusqu’à une profondeur de 60 à 70 μm sous la muqueuse grâce à la lumière d’un laser. Ainsi, il est possible d’observer la paroi intestinale, mais aussi gastrique et même, grâce à la finesse de la sonde, de remonter dans les voies biliaires extrahépatiques comme c’est le cas dans cette étude.

Le tissu muqueux serait un système de collecte « prélymphatique »

Les auteurs ont observé in vivo les tissus sous-muqueux des voies biliaires extrahépatiques et décrivent une organisation réticulaire, formée de fibres de collagène.

« L’étude confirme que ce n’est pas un tissu banal, mais qu’il constitue bel et bien un nouvel organe, ou comme l’ont évoqué certains auteurs un véritable « système fascial ». Ce système, intégré aux autres grands systèmes du corps, crée un environnement permettant le fonctionnement de tous les autres organes »

INTERIVEW

38-OsteoMag_guimberteauJean-Claude Guimberteau,
Chirurgien formé au département de chirurgie plastique et main de l’université de Bordeaux, Jean-Claude Guimberteau a été l’un des pionniers dans la microchirurgie et les transplantations. Il est cofondateur et directeur scientifique de l’ institut aquitain de la main (IAM), membre de la société française de la main (GEM) et de la société française de chirurgie plastique et reconstructrice (SFCPRE). Il a réalisé de nombreux films et ses observations l’ont amené à élaborer un modèle d’organisation du tissu conjonctif, le système microvacuolaire.

« Un bon message scientifique doit être raisonné et structuré. Il y a des gens porteurs d’idées nou-velles, car ils ont une vision globale. Leurs idées sortent de la caricature classique, mais les médias scientifiques ne relayent pas ces messages »

Quelle a été votre première réaction à la lecture de l’article* évoquant la découverte d’un nouvel organe ?
Je me suis dit qu’ils avaient découvert l’eau chaude. Ce que d’autres avaient découvert depuis longtemps. Le problème de la science aujourd’hui est d’être tellement compartimentée et spéciali-sée que certains redécouvrent ce que d’autres avaient déjà découvert.
Est-ce que cette équipe de scientifiques n’a pas pris en compte les découvertes antérieures que vous évoquez parce-qu’elles n’ont pas publiées dans des revues scientifiques indexées ou dont l’impact factor était faible ?
Peut-être. Cette situation peut s’expliquer en partie pour cette raison et par le cloisonnement de la recherche que je viens d’expliquer. Mais si les auteurs ont pu passer à côté, un éditeur qui publie une revue comme Nature doit connaître ces travaux antérieurs sur les fascias et émettre des ré-serves sur ce texte avant sa publication.

38-OsteoMag_guimberteau-2

« Les ostéopathes disent souvent on le sait depuis longtemps. Mais ils ne savent pas, ils ressentent. Il ne faut pas confondre les deux. En sciences, ressentir ne suffit pas, il faut prouver. Et celui qui apporte la preuve est celui qui découvre »

 

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