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Ostéopathie et recherche côte à côte

Accès abonnésLa pratique de l’ostéopathie est basée sur une analyse palpatoire et une interprétation sensorielle. Comment un ostéopathe peut-il intégrer un programme de recherche, où la rationalité prend le pas ? Un dilemme auquel tente de répondre Sarah Didier, ostéopathe et responsable recherche à la FROP.

Article tiré du #25 (mars-avril-mai 2015) Enquête Posturologie : une histoire qui tient debout

osteomag-25-RENCONTRES-OSTEO-cote-a-cote-sliderJ’encadre les travaux de recherche des ostéopathes en formation post graduées à la FROP depuis 5 ans avec Emilie Léglise, ostéopathe également. Présenter l’intérêt de la recherche aux ostéopathes provoque souvent un blocage conceptuel, car c’est une approche globale que l’Evidence Based Medicine ne peut pas mesurer. « Le passage à la moulinette de l’« évaluation scientifique » dénature notre art holistique », avancent ces derniers. Pour d’autres, les arguments sont plus pragmatiques : « les résultats cliniques sont probants, nos cabinets sont remplis, cela ne sert strictement à rien de démontrer quoi que ce soit ». Comment comprendre et dépasser cette situation ?

Faites confiance à votre cerveau

L’apprentissage de la méthodologie universitaire et la connaissance du vocabulaire médical et scientifique sont indispensables pour aborder toute forme de recherche. En ostéopathie, il faudra également relier un mode de pensée cartésienne avec une pratique en partie basée sur la sensorialité. Ce sont deux approches différentes d’une même pratique. Différentes, mais pas exclusives…[groups_member group=”Abonné”] Car notre cerveau est à l’image de cette dichotomie. Il est en effet composé de deux hémisphères qui seront plus ou moins sollicité selon notre mode de pensée. Si le cerveau droit est émotionnel, le cerveau gauche sera plus rationnel.

Ainsi l’expérience palpatoire, sensorielle, perceptuelle et intuitive pratiquée quotidiennement en cabinet sollicite notre cerveau droit. Il est décrit comme le cerveau des hyperesthésiques, des hyperempathiques, de l’eidétisme et de l’intuition. La pensée y est globale et fonctionne en arborescence. Le langage est subjectif et métaphorique. On y retrouve une certaine ambiguïté, mais une grande créativité. Le sentiment d’altruisme est fréquemment décrit chez les cerveaux droits dominants.

Lorsqu’il s’agit d’étudier les protocoles, logiques et statistiques, le cerveau gauche est mobilisé. C’est le cerveau rationnel, efficace, mathématique, pour lequel un problème a une solution. Les cerveaux gauches ont un langage objectif. Ils organisent les tâches de façon séquentielle, chronologique. Ils sont caractérisés par des comportements individualistes et autonomes et cette dominance du cerveau gauche se retrouve chez 80 % de la population occidentale.

La recherche en ostéopathie : ça fonctionne !

Cette dichotomie cerveau droit/cerveau gauche est certainement simpliste et la compréhension du fonctionnement complexe des comportements humains s’améliorera. Mais il est possible de passer de l’un à l’autre et c’est le cas lorsque l’ostéopathe ferme la porte de son cabinet pour participer à un travail de recherche. La recherche en ostéopathie fonctionne sans en dénaturer sa philosophie. Une recherche dans Pubmed sur la période 2015 avec les mots clés Osteopathic Manipulativ Treatment, fait ressortir 900 occurrences. Le principe de la black-box permet d’évaluer l’efficacité d’une prise en charge globale ostéopathique et non d’une technique isolée va dans ce sens.

[aesop_quote type=”block” background=”#ffffff” text=”#ff8040″ width=”500px” align=”center” size=”2″ quote=”L’EBM ne fait pas l’unanimité dans le monde de la recherche” parallax=”off” direction=”left” revealfx=”off”]

L’EBM : pas une évidence pour tous !

Médecins et chercheurs sont également confrontés à la rigueur protocolaire de l’EBM trop éloignée de la complexité humaine. L’EBM ne fait pas l’unanimité dans le monde de la recherche et cette remise en cause par les ostéopathes est donc aujourd’hui partagée. Il ne s’agit pas de s’éloigner de l’EBM, mais de jouer le jeu pour faire bouger cette référence et améliorer ce système en travaillant auprès de scientifiques. De même, la rigueur scientifique et ses questions qui déstabilisent parfois nos certitudes doivent nous aider à progresser dans notre pratique. L’ostéopathie est partie intégrante de ce système. Par sa recherche, son concept holistique, ses principes d’adaptation et de potency inhérent à chaque patient, elle contribuera à le modifier. De l’intérieur.
Cet article est en lien avec celui sur la recherche et l’ostéopathie.

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