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Observatoire CMV Mediforce : l’optimisme des kiné-ostéopathes

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Accès abonnésLes professionnels libéraux de santé ont-ils confiance en l’avenir ? Comment appréhendent-ils les changements réglementaires, les mutations sociétales et les possibilités offertes par les nouvelles technologies dans leur pratique quotidienne ? Le SCAN, véritable baromètre de l’humeur et des pratiques des professionnels libéraux de santé apporte des réponses à ces questions. Et bien d’autres encore.

 

Depuis 7 ans, CMV Médiforce, filiale de la BNP Paribas spécialisée dans le financement de professionnels libéraux de santé (PLS), publie un baromètre des professionnels de santé : le SCAN. Depuis 2015, après concertation avec L’ostéopathe magazine, l’ostéopathie est présente dans ce baromètre à travers les kinés-ostéopathes. Quelle est la tendance 2018 révélée dans cette 7e édition ?
Eric Huet, nouveau directeur général de CMV Médiforce, a présenté les principaux résultats de cette étude au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée le 31 mai 2018 à Paris. En rappelant d’abord que cette étude des PLS concerne 8 grandes catégories : les biologistes, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers, les kinésithérapeutes-ostéopathes, les médecins généralistes, les pharmaciens, les radiologues et les vétérinaires. Un questionnaire a été adressé 483 professionnels de santé exerçant tout ou partie de leur activité en libéral du 27 octobre au 17 novembre 2017.
Si les questions abordées dans le SCAN sont récurrentes afin d’établir des courbes de tendances, 3 focus ont complétés les habituelles questions dans cette édition 2018 : l’effet du gouvernement Macron, les grandes mutations du système de santé perçu par les PLS et le développement du digital et des outils connectés.[groups_member group=”Abonné”]

Les PLS sont fiers de leur métier

eric_huetMais le premier résultat que souhaite mettre en avant Eric Huet est le fort attachement des PLS à leur métier. « Les PLS sont fiers et leur satisfaction à exercer leur profession s’accroit à la fois parce que les très très pessimistes disparaissent progressivement alors que les très très optimistes n’ont pas évolué » précise ce dernier.
Et dans cette positivité, les kinés-ostéopathes sont bien placés car ils continuent à faire du prosélytisme autour de leur profession.
Comment expliquer cet optimisme général ? D’abord, par une satisfaction des choix politiques du gouvernement actuel. Parmi les 11 mesures qui les concernent, 7 sont acceptées par plus de 70 % des PLS.
Pour mieux analyser ces PLS, le scan les a interrogé sur 5 scénario possible d’évolution du système de santé français. Chaque scneraio retraçant des évolutions souvent déjà à l’œuvre, mais en les poussant à leurs extrêmes :
1/ L’irrésistible extension du pouvoir de l’Etat : au nom de la solidarité et de l’accessibilité de tous aux soins, l’Etat renforce ses interventions sur le système de santé (couverture, populations concernées, financement, gestion des dépenses).
2/ Le marché gère le risque : l’Etat limite ses interventions directes dans le champ de la protection sociale et transfère de plus en plus au « privé » un certain nombre de prises en charge considérées comme non centrales.
3/ La prise de pouvoir des militants : via le développement des réseaux sociaux et des technologies de l’information, on assiste à la montée en puissance de communautés de patients et à l’intervention de « citoyens » de plus en plus informés dans le système de santé (notation des professionnels, prescription « pair à pair », promotion virale de médecines alternatives, etc.)
4/ Un Léviathan prend le pouvoir : grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, un ou plusieurs acteurs économiques mondiaux offrent à tous, en échange de leurs données de santé, des services de diagnostics et de prévention hyper performants et à coûts faibles, contournant ainsi tous les acteurs habituels du système.
5/ Le Tout local : de véritables collaborations locales entre élus, citoyens et acteurs locaux de la santé (professionnels de santé, associations, municipalités, etc.), permettent de trouver des solutions locales performantes car adaptées à la situation du territoire et non pas standardisées nationalement.

Des scénarios poussés à l’extrême souhaitent les PLS ?

Résultats : si l’on étudie les réponses des PLS quant au caractère souhaitable ou non souhaitable de chacun de ces scénarios, les réponses varient alors de façon beaucoup plus tranchée. Si l’on considère les résultats obtenus en prenant en compte les réponses données par l’ensemble des interviewés quelle que soit leur profession, on observe que le scénario du « Tout local », avec un score moyen de 87 %, arrive largement en tête des futurs souhaitables. Celui de « L’irrésistible extension du pouvoir de l’Etat » recueille quant à lui 72 % des souhaits. A l’opposé, « Le marché gère le risque » est rejeté par 65 % des interviewés. De même, les deux scénarios s’appuyant sur les potentialités des évolutions technologiques, « La prise de pouvoir des patients militants » et « Un Léviathan prend le pouvoir », sont rejetés par respectivement 67 % et 65 % des professionnels libéraux de santé.

Zoom sur les kiné-ostéopathes : un métier “libre” qui leur plaît
Les kiné-ostéopathes font partie des professionnels de santé interviewés les plus à l’aise avec leur métier. Si leur satisfaction globale à l’égard de leur travail se situe dans la moyenne des professionnels interviewés, ils sont les plus nombreux à se dire “très satisfaits” (23 % vs 11 % en moyenne).

Fiers de leur métier et estimant que par lui ils apportent une contribution réelle à la société (à 90 % et 92 % respectivement), ce qui leur plaît avant tout c’est la liberté et l’indépendance : 97 % d’entre eux sont d’accord (réponses “tout à fait + plutôt”) avec cette idée contre 88 % de la moyenne des interviewés. C’est le plus fort score enregistré cette année. Face aux autres interviewés, leur « relation aux patients est une vraie source d’épanouissement dans [leur] métier » : 53 % d’entre eux l’affirment fortement (réponse “tout à fait”) contre 40 % en moyenne. Ils se situent juste derrière les infirmiers sur ce point.

Plus nombreux que les autres (là aussi juste derrière les infirmiers) à dire que leur « métier rapporte peu par rapport à [leur] charge de travail » (48 % vs 34 % en moyenne), ils pensent aussi plus que leur « métier est très stimulant au quotidien » (48 % vs 31% en moyenne). Et sont les plus nombreux à affirmer que si c’était à refaire ils choisiraient le même métier (52 % vs 36 % en moyenne) !

Enfin, ils sont les moins nombreux à être en phase avec l’idée que « les contraintes administratives sont telles que j’ai l’impression de ne plus faire vraiment mon métier » (55 % de réponses « tout à fait + plutôt » vs 74 % en moyenne).

L’e-santé : une intégration variable

Enfin, l’e-santé a été abordée. Notamment les freins « culturels » à son développement. Les réponses des PLS révèlent une réelle diffusion des pratiques numériques au quotidien. Ainsi, plus de 75 % des sondés indiquent que, régulièrement ou de temps en temps, ils recherchent des informations de santé sur internet, communiquent par courrier électronique avec d’autres professionnels de santé, ou encore suivent des formations en ligne. Du côté des pratiques moins « banalisées », entre 5 et 6 PLS sur 10 disent utiliser des outils d’aide au diagnostic, communiquer par e-mail avec leurs patients ou encore échanger avec d’autres professionnels de santé sur les réseaux sociaux. A l’opposé, les objets connectés semblent moins prisés par les professionnels interviewés, qu’il s’agisse d’en prescrire l’usage ou de les utiliser eux-mêmes pour le suivi de leurs patients. Ces deux propositions arrivent en effet en avant-dernière et dernière place du classement des pratiques des PLS interrogés. On note également que, du fait de leur métier, les radiologues et les biologistes se révèlent relativement plus utilisateurs du numérique de façon générale.
Pourtant, un quart seulement des interviewés déclare que la e-santé, dans leur cabinet ou officine, « c’est déjà présent ». Un tiers d’entre eux indique même que « c’est plutôt lointain ». Lorsqu’il s’agit de répondre pour leur profession en général, ces scores évoluent et passent respectivement à 37 % et 17 %, montrant que, conscients de la tendance en cours, les PLS interrogés s’estiment pourtant un peu en retard face aux évolutions de leur profession.

Pourquoi les PLS sont-ils réticents au développement de la e-santé ?

En premier lieu, 66 % des interviewés indiquent que « les possibilités offertes par la e-santé ne sont pas adaptées à leurs patients, qui sont peu équipés eux-mêmes ». C’est une raison particulièrement avancée par les infirmiers (87 %), mais beaucoup moins par les radiologues (51 %) et les biologistes (47 %). Puis est cité le fait que « les technologies posent des problèmes de sécurité des données personnelles et de préservation du secret médical » (63 %), les généralistes étant les seuls à l’affirmer plus que la moyenne (75 %).
Autre raison avancée, « mon métier est avant tout un métier de contact, je ne vois pas ce que les technologies de e-santé m’apporteraient » (56 %). Là, ce sont les généralistes (69%) et les vétérinaires (70 %) qui le soulignent le plus, à l’opposé des radiologues (32 %) et des biologistes (30 %).

 

 

METHODOLOGIE

ÉCHANTILLON
483 professionnels de santé exerçant tout ou partie de leur activité en libéral

60 biologistes
> 60 chirurgiens-dentistes
> 61 infirmier(e)s
> 60 kinésithérapeutes dont 20 ostéopathes
> 61 médecins généralistes
> 63 pharmaciens
> 57 radiologues
> 61 vétérinaires

RÉPARTITION PAR TRANCHE D’ÂGE
> 36 % de moins de 45 ans,
> 32 % de 45 à 54 ans
> 32 % de 55 ans et +

RÉPARTITION HOMMES / FEMMES
68 % d’hommes I 32 % de femmes

RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
Région parisienne : 18 % I Ouest : 22 % I Nord-Est : 18 %
Sud-Ouest : 13 % I Sud-Est : 28 %

RECUEIL
Questionnaire auto-administré online, via le panel SERMO. Chaque professionnel concerné accorde en moyenne 14 minutes à cette étude.
L’enquête a eu lieu du 27 octobre au 17 novembre 2017
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