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Algie pelvienne postérieur : quelle place pour les thérapies manuelles ?

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Accès abonnésLes algies pelviennes postérieurs sont entres autres souvent synonymes de tests de l’articulation sacro-iliaque. Néanmoins, la pertinence de ces derniers est remise en cause par la plupart des publications récentes, tout comme une vision essentiellement biomécanique de la problématique. Cela ne veut pas dire que les techniques de la zone sont dénuées d’effet mais qu’il faut envisager les choses sous un autre angle.

 

Biomécanique versus neurophysiologie : Let’s get ready to rumble !

L’algie pelvienne postérieure est définie comme une douleur intéressant une zone comprise entre la crête iliaque postérieure et le sillon sous-fessier. Bien souvent l’articulation sacro-iliaque est une cible privilégiée dans les explications de traitement en thérapie manuelle [groups_member group=”Abonné”]et ce, malgré le fait qu’il existe un nombre important de source possible de nociception localement.

Ainsi, on estime souvent la prévalence de la sacro-iliaque comme source de nociception dans 15% à 20% des lombalgies bien que ce nombre soit extrêmement variable (confirmé par bloc diagnostique dans 10-40% des cas).

Dans l’algie pelvienne postérieure, il semble que les femmes soient plus concernées notamment en anté et post-partum (environ 25% d’entre elles). Les traitements souvent proposé sont avant tout « hands-on » (massage, manipulation, mobilisation, thrust and sans thrust).
Ces derniers permettent en général de moduler la douleur, améliorer la mobilité, diminuer l’inflammation, et améliore la compliance des tissus.

La prise en charge dans les thérapies manuelles (Ostéopathie, chiropractie, etc.) repose sur une vision structurelle biomécanique traditionnellement. Les modèles sont très variés selon les écoles de pratique. Or, les études sur la mobilité sacro-iliaque montrent une très grande stabilité de ces dernières avec une mobilité extrêmement faible, au-delà de la sensibilité palpatoire mesurable. Sans surprise, les tests employés ont une reproductibilité faible. De même, il faut noter une variabilité inhérente extrêmement importante des formes des os du bassin induisant une asymétrie marquée des repères anatomiques. Cela remet en question la présence d’une réelle incidence biomécanique détectable par des tests cliniques et palpatoires.

81% de l’effet de la thérapie manuelle est non spécifique, et seulement 3% semblerait être spécifique. Des effets neurophysiologiques sont probablement plus à l’œuvre que des changements structurels.

Modèle biopsychosocial: Here we go again!

Les auteurs de l’étude nous invitent à prendre compte une fois de plus les facteurs pyschosociaux en plus de l’aspect biologique. Il s’agit de prendre en charge la douleur en promouvant une réponse physiologique (ce qui fait tout à fait écho aux principes ostéopathiques), en augmentant sa motivation par la proposition d’objectifs personnalisé, en conditionnant le patient à se focaliser à certains aspects de sa problématique en minimisant le reste tout en changeant sa vision de cette dernière, et en gérant l’anxiété pour diminuer la douleur.

Tout compte dans la prise en charge, les mots choisis, le ton pour les dire, l’environnement clinique, l’expertise perçue par le patient. Cela va influencer les attentes du patient, diminuer l’anxiété et activé les circuits de la récompense chez le patient. Le but n’est pas de générer des explications sans fin pour le patient (l’ensemble de ces notions est abordé dans le compte-rendu du symposium international de Nantes 2019 que vous pourrez retrouver dans notre prochain numéro). Il faut se garder de véhiculer des messages nocebo comme des notions de blocage, de mauvais alignements, de déplacement, tout comme les termes de dysfonction ou lésion ostéopathique, qui renvoie pour le patient à une notion de fragilité de son propre corps, générant kinésiophobie, renforçant de mauvaise stratégie d’adaptation.

Qu’en conclure ?

L’ostéopathie et la thérapie manuelle d’une manière générale doit s’inscrire dans une approche multimodale pour potentialiser les résultats. Il n’y a pas de preuve d’une supériorité d’une thérapie sur une autre ce qui laisse une grande marge de manœuvre dans la prise de décision clinique du thérapeute. Gageons que cela permettra de réconcilier les partisans de l’EBP et ceux tenants d’un vision plus traditionnel de l’ostéopathie, car les deux sont loin d’être antinomique.

Source :

Miles D, Bishop M, Use of manual therapy for posterior pelvic girdle pain, The Journal of injury, function and rehabilitation, 2019, doi: 10.1002/pmrj.12172.

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