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Mesurer l’anxiété et la dépression par le(s) PHQ(-2, 4, 8, 9, 12, 15, A)

Accès abonnésAprès le triage des douleurs du dos et l’évaluation fonctionnelle de l’épaule, il est temps de nous pencher sur l’évaluation de deux des plus grands facteurs psychosociaux de la douleur chronique : l’anxiété et la dépression. Entendons-nous, le but n’est pas de diagnostiquer quoi que ce soit mais simplement de savoir s’il y a matière à réorientation. Dans ce type de problématique, il est évident que la prise en charge pluri-professionnelle est à privilégier. Ainsi, la dépression doit recevoir au plus tôt l’attention nécessaire pour en améliorer le pronostic.

Le PHQ existe sous plusieurs formes très courtes, moyennes ou complètes. Il est évident que[groups_member group=”Abonné”] chacune d’entre elles possède ses avantages et ses inconvénients.

Le(s) questionnaire(s) en lui(eux)-même(s) :

Le Patient Health Questionnaire (PHQ) existe sous des formes allant de 2 à 15 questions (PHQ-2 à PHQ-15) avec des mélanges et des modifications mineurs selon les versions.

Niveau de preuve :

Cherchons en priorité le plus haut niveau de preuve, les revues systématiques et les méta-analyses quand elles sont disponibles quand elles ne le sont pas, nous considérerons les études de bonne qualité. Il en ressort que les différents PHQ sont de très bons outils pour dépister un risque de dépression et/ou un trouble anxieux. Nous l’avons vu dans de précédents articles, il s’agit de facteurs de co-morbidité importants pour les pathologies et douleurs chroniques. De plus, sans être un signe d’organicité, ces facteurs imposent une réorientation vers des professionnels compétents (médecin traitant, psychiatre, psychologue).

Le PHQ-15 est la version la plus longue mais pas forcément la plus étudiée et fournie. Néanmoins, elle est égale ou supérieur aux autres moyens de mesurer les symptômes somatiques ou l’étude des désordres somatomorphes. En effet, il couvre une grande variété de symptômes (environ 90% des symptômes vus en première intention). Le score total est sur 30 avec des points de ruptures particuliers à 5, 10 et 15 pour un état léger, modéré, ou sévère pour la sévérité des symptômes somatiques. Si un patient a 3 symptômes non médicalement expliqué ou plus à un niveau du « me gêne beaucoup » ou s’il a un historique de symptômes non médicalement expliqué depuis plusieurs années, il est possible d’envisager un trouble somatoforme. Il a alors une sensibilité de 0,78 et une spécificité de 0,71. Son alpha de Cronbach est de 0,79. Un haut score sur le PHQ-15 est fortement corrélé avec une mauvaise fonctionnalité aux 6 échelles du SF-20.

Le PHQ-9 est une forme plutôt usuelle du test et la littérature est plus abondante concernant ce dernier. Les scores significatifs sont 5, 10, 15 et 20 qui correspondent respectivement à un état léger, modéré, modérément sévère et sévère de symptômes dépressifs. Un trouble dépressif majeur doit être soupçonné si plus de 5 des 9 symptômes sont présents « plus de la moitié des jours » et si un des deux premiers symptômes est présent (humeur dépressive ou perte d’intérêt). Le 9ème item compte si la réponse est « plusieurs jours ». Ce questionnaire est supérieur ou égal aux autres mesures disponibles pour la dépression et ceux peu importe la manière de l’administrer (auto-administration par le patient, interview en face à face ou par téléphone, par ordinateur tactile). Il n’est ni sensible à l’âge, le genre ou l’ethnie. Un changement d’état du patient n’est détectable qu’en cas d’une variation de 5 point minimum. Il a été employé dans le cadre de nombreuses pathologies et douleurs, ce qui en fait un outil polyvalent.

Il est reproductible peu importe qui l’emploie, son score kappa est de 0,968, ce qui est un score quasi parfait. À noter qu’une méta-analyse donne en général qu’un score entre 8 et 11 est le minimum à atteindre pour suspecter la plupart des dépressions, ce qui discute le score de 5 comme seuil pour un état léger de dépression. Sa sensibilité est de 0,77 à 0,80 et sa spécificité est de 0,92 à 0,94 selon les méta-analyses ou les systematic reviews.

Le PHQ-8 est un PHQ-9 amputé de son dernier item (celui sur les pensées morbites et d’automutilation). Il ressort que beaucoup de patient peuvent d’accord avec la première partie de l’item (pensée morbide) tout en étant en désaccord avec la second partie (automutilation). Il ressort que cet item est souvent peu utilisé par les patients et son absence ne porte pas à conséquence. Certains auteurs conseillent de garder le dernier item en cas de doute (et donc privilégier le PHQ-8 dans la pratique courante). Sa corrélation avec le PHQ-9 est très élevée r= 0,997). Les scores significatifs restent les mêmes que pour le PHQ-9. Son alpha de Cronbach est de 0,90.

Le PHQ-4 est une version un peu plus courte encore. Il se corrèle avec de nombreux autres questionnaires (Rosenberg Slef-Esteem Scale, QoLS, Resilience Scale). Un score supérieur à 6 doit être considéré comme un drapeau jaune, et un score supérieur à 9 comme un drapeau rouge pour des troubles dépressif et/ou anxieux. Son alpha de Cronbach est de 0,78-0,85. Il contient les items 1 et 2 du PHQ-9 et les items 1 et 2 du GAD-7.

Le PHQ-2 est la version la plus courte et noté de 0 à 6 points. Un sport supérieur à 3 à une sensibilité de 0,83 et une spécificité à 0,92. Il est corrélé avec le SF-20 (statut fonctionnel). Son alpha de Cronbach est de 0,75 à 0,81. Son rôle est d’amener à remplir le PHQ-9 pour approfondir les réponses et caractériser le niveau du trouble (léger à sévère) et réorienter pour un entretien psychologique. Pour les adolescents, la sensibilité est de 0,74 et une spécificité de 0,75. Il contient les items 1 et 2 du PHQ-9.

Le PHQ-A est une version particulière du PHQ avec 14 questions avec des questions fermés binaires (oui/non). Elle a été spécifiquement validé pour cette population-là. Néanmoins, il semble adapté pour une tranche d’âge entre 12 et 18 ans mais pas ou peu pour une tranche d’âge comprise entre 7 et 11 ans. Il existe une version modifiée du PHQ-9. Ces outils ont encore besoin de validation.

Le cas particulier de la dépression post-partum apporte une précision sur ces questionnaires. Le PHQ-2 est très sensible là où le PHQ-9 est très spécifique.  

Sources :

Gilbody S, et coll, Screening for depression in medical settings with the patient health questionnaire (PHQ): a diagnosis meta-analysis, Journal of general internal medicine, 2007, 22(11): 1596-1602.

Kroenke K, et coll, The patient health questionnaire somatic, anxiety, and depressive symptom scales: a systematic review, Psychiatry and Prymary Care, 2010, 22: 345-359.

Kroenke K, et coll, An Ultra-Brief Screening Scale for Anxiety and Depression: The PHQ-4, Psychosomatics, 2009, 50: 613-621.

Kroenke K, et coll, The patient health questionnaire-2, Medical care, 2003, 41(11): 1284-1292.

Manea L et coll, Optimal cut-off score for diagnosing depression with the patient health questionnaire (PHQ-9): a meta-analysis, CMAJ, 2012, 184(3): E191-196.

Wittkampf KA, Diagnosis accuracy of the mood module of the patient health questionnaire: a systematic review, General Hospital Psychiatry, 2007, 29(5): 388-395.

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